P. & P. initiales de Pertes et Profits, mais aussi de Paradoxe du Progrès !
C'est ainsi que le brillantissime XVII° siècle avec Louis XIV pour l'essentiel connaîtra une sorte d'apogée intellectuelle, philosophique, littéraire, scientifique, qui enverra la France au premier plan européen, c'est à dire mondial à l'époque.
Cependant que tout ceci constitue un Paradoxe du Progrès puisque permettant aux esprits de s'éclairer, ce qu'ils ne manqueront pas de faire au siècle suivant... qui connaîtra une mutation jusqu'à la chute de la royauté.
Sur ce plan, voir le fameux tableau d'Henri Testelin (et pas l'autre), assez révélateur avec l'Académie royale des Sciences devant Louis XIV.
En présence de Martin Cureau et des abbés Edme Maroitte, Jean Picard
Par Testelin Henri (1616-1695) - Versailles et Trianon.

Chronique du globe : un fait marquant dans l'histoire un 24 juin — Quand la monarchie regarde le ciel : naissance de l’Observatoire royal de Paris (1667)
Le fait historique
Le 24 juin 1667, sous l’impulsion de Louis XIV et de Colbert, commence la construction de l’Observatoire royal de Paris, premier bâtiment au monde dédié à l’étude scientifique du cosmos. Le roi veut que la France domine non seulement par les armes et les arts, mais aussi par la science et la raison. Autour de Cassini, Huygens et Picard, la monarchie fonde une institution où le ciel devient un territoire de connaissance. Ce jour‑là, la monarchie française se fait astronome, et la lumière du savoir devient un instrument du pouvoir.
Résonance contemporaine
Ce 24 juin nous parle d’un enjeu toujours brûlant : la place du savoir dans la gouvernance.
Louis XIV comprend que la puissance d’un État ne se mesure pas seulement à ses armées, mais à sa capacité à comprendre le monde. Dans un XXIᵉ siècle saturé de données, de rumeurs et de doutes, cette intuition royale garde une force intacte : la vérité scientifique est un pilier de la stabilité politique.
L’Observatoire royal fut un lieu de mesure, de rigueur, de méthode — trois valeurs que nos sociétés numériques, souvent dominées par l’émotion et la vitesse, peinent à préserver.
Ce 24 juin rappelle que la souveraineté intellectuelle est aussi essentielle que la souveraineté territoriale.
Morale du jour
Regarder le ciel, c’est gouverner avec hauteur. Le 24 juin 1667 enseigne que la monarchie, lorsqu’elle s’allie à la science, ne perd rien de sa majesté : elle gagne en lucidité. La connaissance n’est pas un luxe ; elle est une forme de royauté.
Et dans un monde où l’opinion menace parfois la vérité, la lumière du savoir reste le plus sûr des trônes.
- Le Grand Virage de l'An 1700, et même dès avant :
Facebook - COMMUNAUTÉ D'ASTROLOGIE(S) - Evelyne Druart - 26 Juin 2026
Un peu d'histoire ne fait pas de mal
L’histoire de l’astrologie est souvent racontée comme une longue continuité allant de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Cette présentation est rassurante, mais elle masque une réalité beaucoup plus complexe. Car si l’astrologie a bien traversé plus de deux millénaires d’histoire, elle ne l’a pas fait sans transformations profondes. Certaines furent des évolutions internes ; d’autres constituèrent de véritables ruptures.
Pendant la majeure partie de son histoire, l’astrologie forma avec l’astronomie les deux faces d’un même savoir. L’astronome observait les mouvements célestes, calculait les positions des astres et établissait les calendriers. L’astrologue utilisait ces mêmes observations pour comprendre leur signification dans le monde sublunaire. Cette complémentarité était si évidente que les deux disciplines ne furent réellement séparées qu’à l’époque moderne. L’astronomie répondait à la question « comment ? », tandis que l’astrologie cherchait à répondre à la question « pourquoi ? » ou « avec quelles conséquences ? »
Les premières racines de l’astrologie se trouvent en Mésopotamie. Les prêtres observateurs du ciel accumulèrent pendant des siècles des relevés d’éclipses, de conjonctions et de phénomènes célestes. Peu à peu se développa l’idée que le ciel constituait une forme d’écriture sacrée permettant de déchiffrer les tendances du monde terrestre. L’astrologie naquit d’abord comme un art des présages destiné aux royaumes, aux souverains et aux grandes affaires collectives. Ce n’est que plus tard qu’apparut l’astrologie individuelle, lorsque les positions planétaires commencèrent à être relevées pour le moment de la naissance d’une personne.
L’Égypte apporta une contribution majeure avec les décans et certaines représentations symboliques du ciel. Puis vint la synthèse hellénistique. C’est probablement l’un des moments les plus importants de toute l’histoire astrologique. Les savoirs mésopotamiens, égyptiens, grecs et orientaux se rencontrèrent dans le monde issu des conquêtes d’Alexandre. C’est alors que furent élaborés la plupart des fondements techniques encore connus aujourd’hui : les douze maisons, les maîtrises planétaires, les aspects, les dignités, les sectes, les lots, les chronocrateurs et une multitude de techniques interprétatives sophistiquées. L’essentiel de l’architecture de l’astrologie occidentale est déjà en place dès les premiers siècles de notre ère.
L’astrologie médiévale et renaissante n’inventa donc pas un nouveau système. Elle hérita d’un corpus déjà extrêmement élaboré qu’elle enrichit progressivement. Les astrologues arabes, persans, juifs puis européens traduisirent, commentèrent et perfectionnèrent les techniques antiques. L’astrologie était alors enseignée dans les universités. Elle participait de la philosophie naturelle, c’est-à-dire de la réflexion générale sur l’ordre du monde. Elle dialoguait avec la médecine, la théologie, la cosmologie et la philosophie aristotélicienne.
C’est ici qu’il faut comprendre ce qui distingue fondamentalement l’astrologie traditionnelle de nombreuses formes modernes d’astrologie.
L’astrologue ancien ne cherchait pas d’abord à explorer la psychologie profonde du consultant. Son objectif principal était d’évaluer l’état des différentes parties de l’existence : santé, fortune, mariage, enfants, profession, réputation, voyages, héritages, accidents, etc. Pour cela, il utilisait une procédure extrêmement structurée. Il identifiait les significateurs, évaluait leur force par les dignités essentielles et accidentelles, examinait leurs relations et formulait ensuite un jugement. La notion même de jugement astrologique était centrale.
La grande rupture survient entre le XVIIe et le XXe siècle.
La première cassure est philosophique. L’univers symbolique hérité d’Aristote et du Moyen Âge s’effondre progressivement. Le monde cesse d’être perçu comme un organisme hiérarchisé et porteur de sens. Il devient une mécanique régie par des lois quantitatives. L’explication des causes matérielles remplace progressivement la recherche des causes formelles et finales. L’astrologie perd alors son cadre intellectuel naturel. Elle n’est plus réfutée à l’intérieur du système ancien : c’est le système lui-même qui disparaît.
La deuxième cassure est institutionnelle. L’astrologie quitte les universités, perd son statut académique et se retrouve marginalisée. Les chaînes de transmission se rompent. De nombreux textes deviennent inaccessibles ou tombent dans l’oubli. Les techniques les plus complexes disparaissent progressivement.
La troisième cassure est probablement la plus importante : lorsque l’astrologie réapparaît massivement à la fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle, elle ne revient pas sous sa forme ancienne. C’est souvent ici que naît une confusion majeure. On parle fréquemment de modernisation de l’astrologie. Pourtant, lorsque l’on examine les méthodes, les objectifs et les fondements philosophiques, il apparaît davantage qu’il s’agit d’une reconstruction. L’astrologie traditionnelle s’intéressait principalement aux événements, aux circonstances et aux conditions d’existence.
L’astrologie moderne déplace progressivement son centre de gravité vers la personnalité, le développement psychologique, l’épanouissement individuel et parfois même le développement spirituel.
L’astrologie traditionnelle évaluait la force d’une planète par les dignités, les maîtrises, la secte, les réceptions, les maisons et les configurations. L’astrologie moderne accorde souvent davantage d’importance aux signes, aux archétypes psychologiques et à l’interprétation symbolique libre.
L’astrologie traditionnelle travaillait avec une hiérarchie stricte des facteurs. L’astrologie moderne tend fréquemment à placer tous les facteurs sur un pied d’égalité.
L’astrologie traditionnelle reposait sur une procédure de jugement. L’astrologie moderne privilégie souvent l’interprétation intuitive.
Cette différence est si profonde qu’elle modifie parfois complètement la lecture d’un même thème. L’exemple le plus frappant concerne les dignités planétaires. Pendant près de deux mille ans, elles ont constitué le cœur de l’interprétation astrologique. Les auteurs anciens considéraient qu’il était impossible de juger correctement un thème sans évaluer l’état réel des planètes. Aujourd’hui, dans une partie importante de l’astrologie contemporaine, elles sont devenues optionnelles, secondaires ou totalement ignorées. Pourtant, même certains auteurs modernes favorables à une lecture psychologique reconnaissent que le système des dignités constitue le cœur technique de l’astrologie ancienne.
La psychologie jungienne, les théories du développement personnel, les approches humanistes et plus récemment les courants karmiques ont introduit des préoccupations nouvelles qui étaient étrangères aux auteurs classiques. Ces approches ne constituent pas nécessairement une erreur. Elles répondent à des attentes contemporaines. Le problème apparaît lorsqu’elles sont présentées comme la continuation naturelle de l’astrologie ancienne.
Entre un astrologue du XVIIe siècle évaluant les significateurs d’une profession à l’aide des dignités, du maître de l’action, des maisons concernées et des techniques prédictives, et un astrologue contemporain décrivant une mission d’âme à partir de quelques archétypes psychologiques, il n’existe pas simplement une différence de vocabulaire mais une différence de méthode, d’objectif, de philosophie et parfois même de conception de l’être humain.
Le renouveau traditionnel observé depuis plusieurs décennies ne cherche pas tant à revenir au passé qu’à retrouver des outils oubliés. Les recherches menées sur les textes hellénistiques, arabes, médiévaux et classiques ont montré que de nombreuses techniques avaient disparu non parce qu’elles étaient inefficaces, mais parce qu’elles avaient cessé d’être transmises.
L’histoire de l’astrologie apparaît alors sous un jour différent. Elle n’est pas celle d’une progression linéaire allant de l’erreur vers la vérité. Elle ressemble davantage à une succession de transmissions, de pertes, d’oublis, de redécouvertes et de reconstructions. Comprendre cette histoire permet de mieux saisir pourquoi deux astrologues contemporains peuvent parfois employer les mêmes mots (planète, maison, aspect, thème natal) tout en pratiquant en réalité des astrologies profondément différentes.


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